Quand la douleur se fait silence

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JE SUIS MON CORPS…

La douleur chronique ne s’arrête jamais. Elle EST dans chaque mouvement, à chaque instant du jour, de la nuit. Elle donne l’impression de faire exister le corps en souffrance. Elle épuise le corps et le pyschisme, et dans son élan, entraîne des pensées puissantes et redontantes: je ne veux plus avoir mal, je peux contrôler ma douleur.

Le contrôle… toutes les personnes que j’ai rencontrées qui souffrent ont une volonté féroce de contrôler la douleur. Chaque muscle se doit d’être sous contrôle.

Voici le récit d’une séance, récit d’un lâcher prise:

Une personne, Sabrina, qui souffre de polyarthrite rhumatoïde vient au cours régulièrement depuis 1 an. Petit à petit, au fil des séances, sa respiration se fait plus fluide, plus douce. Un espace s’ouvre peu à peu.

Il y’a quelques temps, elle me confie faire un vrai repas après le cours; elle mange sans avoir mal.

Les séances sont pourtant coûteuses en énergie: mal assise, mal debout, mal allongée…mal, mal, mal!

Et pourtant elle revient. Un pas après l’autre, entend sa douleur, lui fait une place. Petit à petit, elle apprend ce qu’est la tension, ce qu’est le relâchement et quel est le chemin pour passer de la tension au relâchement.

Ce groupe avance, très soudé, dans la bienveillance. Je décide donc pour le dernier cours de l’année, de les « pousser » un peu, à ma manière, mine de rien et surtout par le jeu:

Deuxième 1/2 heure, ses larmes coulent, pour la première fois depuis bien longtemps avoue t-elle après.

Et le corps commence donc à se relâcher.

Puis nous faisons un jeu où seul le corps est présent: 3 personnes, l’une crée une statue, une deuxième, les yeux fermées vient et essaie de reproduire la statue, simplement par le toucher. La 3ème personne guide.(1)

J’observe, et je m’émerveille: Instants méditatifs, où chaque personne EST pour elle-même et aussi en connection totale avec l’Autre, uniquement pas le geste, les yeux fermés.

Quand la séance se termine et que chacune raconte, Sabrina nous livre « Je n’ai plus eu mal »….

Quelques minutes à être simplement présente, minutes si précieuses où la douleur se tait, enfin.

 

 

(1) Je remercie Claudia Sanchez et Ricardo Lopez, mes maîtres en sophrologie ludique de qui j’ai appris ce jeu.

 

 

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