Psy ou gourou?

 

Mon psy m’a dit de changer de métier.

Et vous qu’en pensez-vous?

Vous allez me dire que hors contexte il m’est difficile de donner un avis. Certes!

Et en contexte?

Mon psy m’a conseillé de ne pas me remarier, c’est trop tôt.

Mon psy m’a persuadé que déménager dans le sud n’était pas bon pour moi.

Et vous qu’en pensez-vous? Et irrémédiablement je réponds: Et vous?

Suis-je là pour penser à la place des personnes qui viennent en consultation de sophrologie. Est-ce mon rôle d’aiguiller la vie des gens? En fonction de quels principes? de quelles compétences? de quelles valeurs?

Je m’interroge sur la manière dont certains psychologues ou psychiatres travaillent. Je reçois souvent des patients qui consultent en parallèle un psy et je trouve le couple psy/sophrologue très viable. Je sais aussi que beaucoup viennent chercher des réponses à leur question. Mais est-ce à nous de les leur donner?

A coup de recette toute faite et de marketing coloré la solution devient souvent la seule audible. Au delà, le lien qui se créé se fait dépendance. J’ai besoin de mon psy pour savoir que faire, comment agir et que dire. Certains vont voir une cartomancienne, d’autres un psy.

Or il s’agit bien ici de permettre à la personne de trouver la réponse elle-même qui résonne qui elle est à cet instant.

Un psy dans ma vison du monde est là pour éclairer les zones d’ombre. Et cette mise en lumière ouvre au patient d’autres perspectives.

Ecouter, c’est accueillir l’autre sans se substituer à lui et penser à sa place. Sans rien désirer pour lui.

Accueillir les émotions et les non-dits, libérer la parole et ainsi offrir à l’autre le choix d’être.

Entre le psy et le gourou il n’y a que quelques mots. Essayons de rester attentifs à ce qui se dit en nous.

Et surtout n’hésitons pas à frapper à une autre porte.

 

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