Attendre

 

 

 

Attendre est devenue source d’angoisse pour beaucoup. Notre rapport au temps a changé.

Il est difficile d’attendre un bus, dans une queue de supermarché. Il est parfois insupportable d’attendre que le feu passe au vert. Cela crée des tensions énormes.

Nous ne voulons pas attendre et nous nous ennuyons. Les actes les plus quotidiens deviennent source d’ennui: se brosser les dents, faire les courses.

J’observe et j’écoute.

Une personne de mon cours nous confiait l’autre jour que depuis qu’elle venait et pratiquait dans sa semaine, son rapport au temps avait changé. Plus de » to-do list » et pourtant des journées actives: « c’est comme si le temps était long » raconte-t-elle « mais long ça veut pas dire ennuyeux »…. »je fais les mêmes choses et même plus ».

Une autre racontait-elle aussi ne plus faire de « to-do list » interminables mais tout simplement noter en fin de journée ce qu’elle avait effectivement fait.

L’approche est différente. Il n’est plus question d’enchainer des tâches pour remplir sa journée. Tout le monde sait qu’aujourd’hui en entreprise, il est impossible de finir une journée, sauf à penser qu’une journée dure 1 mois ou 1 annéesmiley.

Les « do to list » sont un rapport au temps, bien autant qu’un moyen de ne pas oublier.  Rapport au temps et à soi. Remplir une to do list, remplir sa journée, remplir sa soirée, et ne pas forcément pour autant être rassasié.

Le rapport au temps est aussi à mon sens lié au « tout tout de suite » et à la frustration qu’il devient compliqué de gérer. Nous pouvons faire des courses sur le web le soir et être livré le lendemain. Nous pouvons accéder à toutes les informations à tout moment. Nous attentons tellement peu quand il s’agit de consommer ou de collecter de l’info que dès que dans d’autres circonstances il nous faut attendre, l’impatience nous gagne, et si ce n’est l’impatience, un ennui quasi mortel.

Attendre…

Nos rapport au temps à tellement changé qu’il nous est aussi difficile d’être malade et de patienter jusqu’à guérison, ou d’être simplement au ralenti.

Tout tout de suite…

L’attente est insupportable parce que nous passons beaucoup de temps à être ailleurs: ailleurs que dans la file d’attente, ailleurs que dans la voiture pour aller travailler ou même en vacances. Et ce « ailleurs » nous rend le « maintenant » impossible.

L’attente, puisque liée à un futur proche ou lointain, est toujours chargée d’incertitude et par conséquent génère stress, peurs, colère, ennui…désir.

On anticipe, on prévoit, on calcule, on espère,  mais….

Toujours dans un futur qui n’existe pas encore.

Que faites-vous quand vous attendez? Vous lisez? Vous regardez votre smartphone? vous râlez (intérieurement ou pas ) ? Vous vous inquiétez? Vous vous répétez mécaniquement tout ce qu’il vous reste à faire?

Je me reconnais parfois dans cette liste.

 

Mais dès que je m’en rends compte, je reviens à l’attente telle qu’elle est. Je reviens à ma respiration, à ma posture, à mon ancrage. J’écoute les bruits et j’observe les autres. Je décide simplement de profiter de ce moment comme d’un autre. Libre d’attendre.

 

 

 

 

 

 

 

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