Harcèlement scolaire
Harcèlement scolaire

C’est un sujet qui me touche personnellement. C’est un sujet que j’aborde maintenant systématiquement en entretien au début de la première séance.  Je pose la question aux enfants comme aux adultes. Et les adultes aussi se souviennent, le traumatisme est présent et bien réel.  Parfois il est possible de changer l’enfant d’école. Parfois c’est impossible et il faut faire avec, remuer ciel et terre pour être entendu.

J’entends souvent de la part de certains professeurs: « oh chez nous ça n’existe pas ».  « pas de ça chez nous »!!!.

Cette phrase est simplement le début du déni. Si cela n’existe pas, nul besoin d’être attentif.

Le harcèlement concerne tous les milieux sociaux, les filles comme les garçons, les milieux urbains comme ruraux!

Quand parle t-on de harcèlement?

Il y a harcèlement quand il existe:

  • Une intentionnalité de nuire ;
  • La répétition ;
  • Des abus (par emprise psychique, intimidation physique, abus d’autorité, etc.) ;
  • Un sentiment d’insécurité vécu par la victime ;
  • Une blessure psychique qu’il inflige et ses multiples répercussions.

En France 1 enfant sur 10 est victime de harcèlement. Ces chiffres sont de l’avis des spécialistes en dessous de la réalité, une réalité effroyable. Hélène Romano estime que « quatre enfants sur 10 seraient concernés à des degrés divers, à un moment ou un autre de leur scolarité.

Quelle forme prend-il?

Il y a quelques années, le racket était la forme la plus répandue de harcèlement. Les réseaux sociaux ont ouvert de multiples portes entraînant de facto un harcèlement plus répandu mais aussi plus facile pour le harceleur qui se cache derrière son PC.

Comment j’aide les enfants et adolescents victimes de harcèlement?

Tout d’abord je travaille TOUJOURS en coopération avec un psychologue ou un pédopsychiatre. La complémentarité est très utile ici encore.

Un enfant harcelé est à la fois en burn-out et traumatisé. L’anxiété et la peur le tétanisent. L’estime de soi est entachée. Comme toutes les victimes il se sent souvent responsable de ce qui lui arrive: si j’étais plus mince, si je n’avais pas de tâches de rousseur, si j’étais plus viril et moins sensible….

« Est-ce vrai que je suis idiot »,

« Dis maman, je ressemble vraiment à une fille? » « C’est de ma faute j’en suis sûr ».

La victime  finit par adopter une position d’infériorité par rapport au groupe, et se sent de plus en plus exclus. Il s’isole, se sent rejeté et peut malheureusement par la suite être à nouveau harcelé.

Sortir de la situation demande du temps et beaucoup d’écoute.

Il est important d’autoriser l’enfant à exprimer sa peur, sa colère et sa violence. Il est aussi capital de rétablir la justice. C’est injuste et cela doit être dit et entendu.

Puis lui transmettre au mieux des façons de calmer son anxiété et les outils pour enfin re-trouver en lui toutes les capacités.

Il s’agit bien ici de déconstruire le réel vécu pour permettre à l’enfant de reconstruire sa propre réalité; détricoter l’assemblage serré des émotions qui se sont tissées au fil du temps. Et laisser émerger peu à peu une autre réalité qui va peu à peu permettre à l’enfant ou l’adolescent de sortir de sa posture.

Le site du gouvernement a mis en place un numéro vert qui peut vous apporter des conseils supplémentaires ainsi qu’un site:

 http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr

Sourcecitée : Cairn info, harcèlement en milieu scolaire

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