De cancre à clown

Petite je me rêvais clodette de Claude François, adolescente, comédienne. Les autres me voyaient clown. Décrite comme une cancre, une « peut mieux faire », assise au fond de la classe, joueuse, perturbatrice et insolente. Celle qui fait le clown.

Je commençais mal :-).

Arrive l’université et je suis enfin assise devant, parce que je trouve les cours enfin intéressants. Puis l’EHESS avec les hautes études de sociologie 🙂 mais toujours cette tendance à l’auto-dérision qui fait penser souvent que je ne suis pas très sérieuse. Rire de tout et avant tout de moi-même . Encore faire le clown!

Finalement 25 ans plus tard je décide d’arrêter de faire le clown et d’être une clown. Et c’est une révélation. Quelle joie!

Le clown vient bousculer toutes les évidences et les « je suis comme ça ». Combien de fois me suis-je laisser surprendre par cette clown! Ah c’est moi ça? 🙂 . Juste en contact avec ma nature profonde, loin des rôles sociaux que je joue et rejoue. Il n’y a plus de « peut mieux faire »!

Il est toujours fragile et ouvert sur le monde. Il s’émerveille, s’étonne et se laisse surprendre; dans les contrastes, gai et triste, bruyant et chuchotant, fermé et ouvert…

Il est attentif à la fois à soi-même et à l’Autre ou aux autres. L’altérité est ici expérimentée au travers du corps. Pas de mots ou très peu. Si je ne m’occupe que de moi l’autre ne peut pas jouer. Si je ne m’occupe que de l’autre, je me perds dans le jeu. Le juste équilibre entre soi et l’Autre.

La place est une problématique toujours abordée par les patients que je reçois. Quelle est ma place? comment être à ma place? Pas une fois où la notion de « place » n’est pas évoquée et travaillée. Place dans un groupe, dans la famille, par rapport au boss. Dans le clown la place prend tout son sens.

Les improvisations se font à 2 ou plusieurs. Il s’agit donc de jouer sans prendre la place de l’autre ou sans que l’autre soit à ma place.

Par delà les mots c’est donc la place de chacun qui devient centrale. Si l’autre fait tellement de bruit comment prendre ma place dans le jeu sans l’exprimer ouvertement. Dois-je attendre de l’Autre qu’il me laisse de la place ou petit à petit à sa manière de clown être tout simplement.

Entrer dans l’univers de l’autre et permettre à l’autre de pénétrer mon propre univers.

Le clown vit l’expérience de l’instant présent, dans l’émotion pure qui émerge à l’instant avec l’énergie du moment. Si je vis dans ma tête, je cafouille, comme engoncée dans un corps: que dire, que faire, comment le faire. Dès que je suis mon corps, ma clown émerge dans sa totale singularité.

Et surtout le clown vit la joie. Joie comme la satisfaction d’Être et le plaisir d’être vivant.

Ma clown est encore construction mais je peux déjà dire qu’elle a une splendide jupe à fleurs oranges et que c’est une sacrée clodette 🙂

A bientôt pour un atelier sophrologie et clown.

2 comments on “De cancre à clown

  1. Allez vous organiser un atelier clown prochainement ? Ma récente découverte du clown concorde avec tout ce que vous dites et j’aimerais explorer un peu plus cet univers…

    Merci !

  2. Bonjour,
    Merci pour votre commentaire
    J’ai fixé un atelier sophrologie et clown en juin.
    Si j’ai d’autres demandes j’avancerais la date.
    Le clown est une expérience riche de sens.
    Si vous êtes pressée de commencer il existe des ateliers de clown un peu partout dans Paris.
    Je vous tiens au courant
    A bientôt

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